L’année 2024 en Haïti a été marquée par des troubles politiques, des crises sociales et la violence des gangs dans les quartiers de Port-au-Prince et des villes de province d’Haïti. Les villes ne sont plus reliées entre elles. Port-au-Prince est enclavée. Au milieu du chaos, il reste toujours une place pour la beauté et l’émerveillement. Malgré les difficultés, des centaines de jeunes écrivains continuent de créer. Créer pour dire l’impossible. Créer pour résister. Créer pour garder une toute petite place dans le monde. Ils ont le droit d’affronter le monde avec une métaphore, une image, une phrase… Une toute petite phrase. Écrire, c’est faire don de sa vie aux mots. On écrit pour se tenir debout. Pour rechercher d’autres sortes de vérité.  Leurs œuvres, aux genres variés – poésie, nouvelle, théâtre et roman – témoignent de leur talent et de leur résilience. Parmi ces écrivains que nous avons sélectionnés, on note une prédominance de poètes sur les romanciers. Que ce soit en créole ou en français, la poésie occupe une place prépondérante. « Haïti, pays poésie », pour reprendre cette formule du romancier Luis Bernard Henry.

Qui sont ces écrivains ?  Selon quels critères ont-ils été choisis ? Nous avons retenu les écrivains ayant publié des œuvres en Haïti ou à l’étranger. Nous avons évalué la qualité de leur production, leur souffle, leur pertinence, leur manière de travailler la langue, ainsi que leur capacité à s’inscrire dans la tradition littéraire haïtienne. Nous avons également pris en compte les jeunes écrivains ayant remporté les prix littéraires les plus légitimes et significatifs.