Les amis partent, parfois leurs derniers mots sont tout près, hier soir à peine parfois. Parfois nous avons laissé un temps long s’alourdir sur le coffret des trésors déposés en nous. Un appel d’il y a quelques semaines : le rire dans le bonjour, la gratuité dans le plaisir de demander “ki jan ou ye”.
J’ai reçu ces quelques années d’amitié magnifique, d’amitié simple, aimante. Nous nous croisions de temps en temps, un verre par-ci, un repas entre amis, un spectacle, un appel de temps en temps. Je chérissais l’homme, dès la première rencontre, une immédiate sympathie, le désir d’apprendre de lui, d’avoir part aussi à son art que j’admirais. Chaque ami, chaque aimé, avec lui, a son histoire que je voudrais connaître, pour la tisser avec la mienne, la comparer, compléter l’image, et offrir aux autres ma petite partie de lui. Mais il y a déjà heureusement celle qu’il a donné à tous, à tout un chacun, tout un chacun qui aura bien voulu entendre : ce petit objet tout simple, son œuvre, son œuvre de diseur.






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