Frankétienne a grandi dans un contexte difficile, fruit du viol de sa mère, une paysanne haïtienne de treize ans, par un industriel américain. Cette scène primitive, qu’il évoque dans son roman H’Éros-Chimères (Prix Carbet 2002), est devenue un motif central de son œuvre. Élevé dans un milieu populaire, sans connaître son père, il a puisé dans cette dualité identitaire la force de créer des œuvres complexes et innovantes.
Refusant de quitter Haïti, même durant les années sombres de la dictature des Duvalier, Franketienne est resté un témoin obstiné des bouleversements de son pays. Ses écrits qui relèvent du « spiralisme », entre autres, mêlent littérature, peinture et calligraphie, faisant de chaque page une œuvre d’art à part entière. Ultravocal (1972), considéré comme un monument de la littérature francophone, est un exemple frappant de son travail sur le langage, explorant les limites de la langue française tout en reflétant l’errance et le désespoir d’un peuple en exil.






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