Le poète Ernest Pépin, rend hommage à Frankétienne. Il s’agit d’une oraison funèbre d’une rare intensité, qui célèbre la grandeur de Frankétienne tout en marquant le vide immense laissé par sa disparition. Par cette œuvre, Pépin exprime une douleur collective, celle d’Haïti orpheline de l’un de ses plus grands créateurs. Il inscrit la figure de Frankétienne dans une dimension mythique, le comparant à un loa, une entité sacrée du panthéon vaudou, dont la chute bouleverse l’ordre des choses. Ce poème est une transmission, une reconnaissance du poids de son héritage.

Frankétienne était un homme hors du commun, insaisissable, inclassable. Ni totalement poète, ni exclusivement romancier, ni seulement dramaturge, il était tout cela à la fois, et bien plus encore. Son écriture était une explosion, un cyclone de mots qui bousculait les formes classiques. Pépin le décrit comme un homme hors saison, hors couleurs, insistant sur son caractère intemporel et universel. Son œuvre, marquée par la spirale, concept clé de sa pensée, était une révolte permanente contre les carcans littéraires et politiques. Son théâtre était un cri, sa peinture une tempête, sa poésie un vertige. Il refusait la fixité, préférant le mouvement, l’instabilité créatrice, le chaos imparfait.