Nicolas Noé est doctorant en études françaises et francophones à l’Université d’Indiana (Bloomington). Sa thèse intitulée “Des métabolismes créoles : (r)évolutions de la pensée dans l’écriture de la Caraïbe francophone (1981-2007)” explore la manière dont écrivains, philosophes et essayistes de l’aire caribéenne francophone (Haïti, Martinique, Guadeloupe et Guyane française) construisent et nourrissent des structures de pensée plurielles, dynamiques et propres à chaque territoire. Ces systèmes, en constante évolution, se façonnent à travers un dialogue continu les uns avec les autres, et avec des cadres théoriques dont ils héritent (d’Europe et du monde entier) et qu’ils réinterprètent pour élaborer des modes de pensée relationnels et auto-régulés. En interrogeant cette circulation des idées, son travail engage une réflexion sur les liens entre critique systémique et création littéraire et poétique, en s’appuyant notamment sur les œuvres d’Édouard Glissant, Patrick Chamoiseau, Maryse Condé, Gisèle Pineau, Serge Patient, Joël Des Rosiers et Frankétienne. Ses recherches sur Frankétienne et L’oiseau schizophone (1993) lui ont valu deux distinctions : le prix de l’essai en théorie critique de l’Université d’Indiana et une mention honorable lors du congrès international du Conseil International d’Études Francophones. 

 Le Nouvelliste : Qu’est-ce qui vous a poussé à choisir Frankétienne comme figure centrale pour explorer la pensée théorique et artistique caribéenne ?