42 compatriotes, dont cinq femmes, ont été rapatriés à l'aéroport international du Cap-Haïtien, le mardi 18 mars 2025, à bord d'un avion affrété par les services d'immigration américains pour leur expulsion. Ils auraient dû être 46 à être déportés vers Haïti. Vingt-cinq d’entre eux sont des condamnés aux Etats-Unis.

Chacun d'eux a une histoire concernant leur vie aux États-Unis et les circonstances de leur déportation.

Junior Kenold, âgé de 35 ans, déclare avoir vécu légalement aux États-Unis pendant une longue période. Il attribue son retour forcé en Haïti à la pression exercée par le président américain Donald Trump. Il raconte avoir été déporté après une dispute avec un ami, ayant passé un an et trois mois en prison en Louisiane. Il explique que son arrestation s'est produite alors qu'il s'apprêtait à emmener ses enfants à l'école. Kenold souligne que c’est la situation difficile en Haïti qui pousse les Haïtiens à subir des humiliations à l'étranger.

Pour Marckenson Estilus, originaire de l'Artibonite, la situation est différente : après avoir vécu au Brésil, il a rejoint les États-Unis en traversant la frontière mexicaine pour fuir des conditions de vie difficiles. Il rapporte qu'à son arrivée à la frontière, il avait été convoqué par un juge pour une demande d'asile politique. Bien que l'asile ait été initialement accepté, il a finalement été expulsé faute de preuves suffisantes. "La vie ne s'arrête pas là", affirme-t-il avec optimisme.

Quant à Georges Prophète, 26 ans, il révèle avoir été accusé par un policier américain d'avoir eu une altercation avec la femme d'un autre policier, ce qui lui a valu 19 mois de prison. De retour en Haïti, il compte s’installer à Port-au-Prince, à Delmas, malgré l'absence de pièces d'identité qui pourraient compliquer ses démarches administratives.

Pautil Sauveur, originaire de Ganthier dans le département de l'Ouest, est marié et père de famille. Résidant en Floride, il a été incarcéré parce qu'il avait déjà été expulsé des États-Unis. Toutefois, il était revenu dans le pays grâce au programme mis en place par l'administration Biden, 21 ans après sa première déportation. Sauveur raconte que les autorités américaines l'ont à nouveau emprisonné après avoir identifié ses empreintes digitales dans leur base de données. Il affirme que le gouvernement américain l'a à nouveau déporté et exprime son incertitude quant à l'endroit où il pourra vivre, étant donné l'insécurité qui règne en Haïti.

Il s'agit de la deuxième vague de déportations effectuée par l'administration américaine vers Haïti à l'aéroport international du Cap-Haïtien depuis l'arrivée au pouvoir du président Donald Trump. À cette occasion, une présence policière était assurée, et des représentants de l'Office national de la migration (ONM) étaient présents pour accueillir les déportés haïtiens.