Un rassemblement politique organisé, le dimanche 4 mai 2025, sur la place publique de la commune de Saint-Raphaël par Moïse Jean-Charles, leader du parti Pitit Dessalines, a viré à la violence. Cette rencontre, initialement dédiée à la présentation de projets socio-économiques ambitieux pour la commune, a été perturbée par des tirs nourris attribués, selon plusieurs témoins, à des agents de la Brigade de surveillance des aires protégées (BSAP) locaux. Plusieurs personnes ont été blessées par balles, jetant un voile d’inquiétude sur cet événement très attendu.

Malgré cette escalade de tension, l’ancien sénateur du Nord n’a pas reculé. Devant une foule galvanisée, ponctuée de défilés de motards et de musiciens rara, il a annoncé une série d’initiatives de développement local : « Aujourd'hui, je viens vous annoncer que plusieurs grands projets vont être réalisés à Saint-Raphaël : les sections communales vont bénéficier de construction de route, des glacières et crédits pour les paysans. Nous allons donner des semences pour les paysans », a-t-il déclaré avec emphase.

Ces propositions s’inscrivent dans une dynamique de reconquête politique, alors que Moïse Jean-Charles accuse certains secteurs du pays de vouloir anéantir son influence populaire. Dénonçant un système injuste, il a pointé du doigt la bourgeoisie et le secteur privé, les accusant d’avoir armé les gangs urbains : « Ce n’est pas moi qui ai distribué des armes aux ghettos. Ce sont eux, ceux qui volent 1,50 dollar sur chaque transfert, ceux qui manipulent les contrôles du marché et font grimper le coût de la vie. »

Le leader de Pitit Dessalines n’a pas mâché ses mots à l’égard du Conseil présidentiel de transition (CPT). Il affirme que sa patience est à bout face à l’inaction du gouvernement de transition sur les grands dossiers du pays : l’insécurité persistante, le coût de la vie, l’organisation d’élections et le retour de milliers de déplacés. « Les bandits continuent d’étendre leur contrôle sur la région métropolitaine de Port-au-Prince, les Latitudes et le département du Centre. Le temps des paroles est terminé. Nous allons déclencher un soulèvement national contre le CPT. »

L’ancien candidat à la présidence annonce déjà une série de manifestations ciblées : « Nous allons manifester devant les résidences de chaque Conseiller-Président. Devant celle du directeur général de la PNH. Devant les maisons de tous les responsables. »

Cette déclaration de guerre contre les dirigeants de la transition laisse entrevoir une montée en puissance des tensions dans les semaines à venir. Entre promesses sociales et radicalisation du discours, Moïse Jean-Charles semble déterminé à occuper le devant de la scène politique nationale, quitte à enflammer la rue pour faire entendre sa voix.

Alors que les autorités n’ont pas encore officiellement commenté l’incident armé de Saint-Raphaël, l'opinion publique reste divisée : entre ceux qui saluent l'engagement du leader pour les plus démunis, et ceux qui redoutent une dérive vers la confrontation violente.