Dans l’histoire d’Haïti, certaines voix traversent le silence et les siècles avec la force des convictions vraies. Celle de Madeleine Sylvain-Bouchereau en est une. Figure lumineuse du féminisme haïtien, elle a consacré sa vie à penser, défendre et construire une société plus juste, où les femmes, longtemps reléguées à l’arrière-plan de l’histoire, reprennent leur juste place dans le récit national. Sociologue de formation, première femme docteure dans cette discipline en Haïti, intellectuelle rigoureuse et militante infatigable, elle laisse une œuvre qui continue d’éclairer le chemin de l’égalité.

Née en juillet 1905 à Port-au-Prince, Madeleine Sylvain-Bouchereau s’est éteinte en 1970 à New York. Son siècle fut celui des bouleversements, des luttes et des promesses non tenues. Elle y a laissé une empreinte indélébile. Fille d’une famille éduquée et engagée, elle aurait pu choisir le confort de la discrétion. Mais elle a préféré l’engagement, la parole publique, l’action sociale.