Professeur, éditeur, journaliste, auteur prolifique, et membre de l’Akademi kreyòl ayisyen, Christophe Philippe Charles est un gardien ardent de la mémoire et de la résistance dans une île marquée par la violence. Chassé de sa maison, il a vu sa bibliothèque incendiée par des bandits — ce lieu sacré, cette patrie intime où reposaient des trésors d’encre et de papier, témoins de son histoire et de celle de son peuple. Comme le dit si justement son beau-frère Dany Laferrière, membre de l’Académie française, « la bibliothèque de l’écrivain, c’est sa patrie ». Privé de ce sanctuaire, Christophe a perdu un territoire matériel, mais il n’a jamais renoncé à son territoire spirituel : le royaume de la parole, de l’écrit et du souffle créateur.

Transformant la douleur en force, il fait de son stylo un pinceau qui peint la vie dans ses complexités, avec des mots du quotidien qui cataloguent la mémoire collective. Sa poésie, à la fois lutte et lumière, refuse que le désespoir envahisse les rues de son île et les pages de son histoire.