À l’aéroport du Cap-Haïtien,
Les voyageurs attendent le moment du départ,
Moi, je m’envole déjà avec les mots dans l’espace blanc.
Je sais où j’atterrirai :
À Saint-Martin d’abord, puis à Paris,
Là où les murs de l’Unesco se préparent à vibrer
Sous le souffle d’un nom incandescent : Frankétienne.
Je ne transporte ni valise trop pleine,
Ni programme trop rigide.
Je voyage avec le feu d’un hommage,
Avec la mémoire d’un homme qui est pays à lui seul.
Écrivain, peintre, poète,
Chanteur des abîmes et dramaturge du vertige —
Il est cyclone de couleurs,
Et moi, je vais là où il soufflera fort.






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