Avons-nous oublié
que le sang taïno crie à Bohio ?
Cette matrice ancienne
— terre-mère, terre haute —
nous appelle, nous attend,
dans le silence brûlant de notre oubli.
Ce sang versé, mêlé au feu,
à la lumière du soleil,
monte encore, chaque matin,
sur les cimes de nos montagnes.
Il coule dans nos rivières,
dans la mer salée de nos larmes,
il bat dans nos tambours,
il rugit dans le ventre des cyclones,
rouge de rage, rouge de mémoire.






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