En avril 1825, Charles X, roi de France de 1824 à 1830, envoya des navires de guerre à Port-au-Prince pour imposer ses conditions dans une ordonnance réclamant 150 millions de francs or et une réduction de 50 % sur toutes les taxes commerciales ultérieures. Cet accord fut finalement signé par le président Jean-Pierre Boyer sous la contrainte militaire. Le 10 mai 2025, Thomas Piketty, le célèbre économiste français, a écrit un article d'opinion au journal français Le Monde.fr où il confirme que la France doit 30 milliards d'euros à Haïti. Cette somme, arguait-il, correspond à la valeur actualisée de la rançon que la France avait soutirée d'Haïti en compensation des pertes subies par les anciens propriétaires d'esclaves. Ce montant ne tient pas compte de la réduction des taxes. Piketty plaide pour que des discussions soient ouvertes sur les modalités de cette restitution.
La restitution représenterait bien plus qu’une opération financière. Ce serait un symbole de justice historique, mais aussi une opportunité inédite de refondation pour un pays longtemps piégé entre crises, ingérence et promesses non tenues. Elle constituerait une opportunité pour la France de refaire son image de colon prédateur à l’échelle internationale. La question qui se pose maintenant est la suivante : que pourrait réaliser Haïti si la France lui restituait la Rançon de l’Indépendance ? Cette restitution ne servirait pas simplement à panser les plaies du passé, mais surtout à financer un projet d’avenir cohérent, ambitieux et structurant. La chronique d’aujourd’hui présente une esquisse de plan de décollage économique que pourrait financer ces 30 milliards de dollars. Ledit plan se compose de six axes prioritaires pour sortir Haïti de sa fragilité chronique et poser les bases d’un développement inclusif et durable.




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