• « Warren Beatty : Je vais aussi à la dérive. Le monde, les étoiles, tout dérive. Est-il si triste de dériver ?
  • Vivien Leigh : Oui, si l’on ne sait où aller’».
  • (Printemps romain de Mrs Stone, Tennessee Williams, José Quintero 1962)

Les 39 années de transition haïtienne qui viennent de s’écouler permettent de distinguer deux types d’intermède gouvernemental : le pouvoir transitoire indéfini et le pouvoir transitoire provisoire. Essayez de soigner le transitoire par le provisoire. Qu’obtiendrez-vous ainsi, la guérison ou seulement une troisième maladie que vous devez de nouveau combattre par une nouvelle maladie ? L’histoire – pour parodier Hegel – est un néant qui s’anéantit ou un dieu qui s’autodétruit ; sans fin, elle recommence de zéro. Tel est bien le cas d’Haïti. Pays des ouragans, des catastrophes, des marasmes. Pays enfoui. Politiquement, c’est déroutant. Socialement, c’est parfaitement corrosif. Nous vivons dans l’incertitude, la tourmente et la violence qui sont loin d’être à sens unique. Cette transition sans fin ni finalité ne s’est pas déroulée seulement au travers des coups d’État, des assassinats, des crimes économiques et autres actes de perversion – elle est partout, elle est en nous.

Le monde haïtien peuplé de diablotins ira comme il est toujours allé.