Il y a aujourd’hui une étrange et manifeste volonté de faire passer la littérature pour une imposture. Emmanuel Pacorme, dans un article au titre racoleur – « La littérature est aussi un lieu de mensonge » – s’inscrit dans cette tendance désabusée qui confond complexité et duplicité, subtilité et tromperie. Or, il faut le dire franchement : cette posture, aussi séduisante soit-elle sur le plan intellectuel, est paresseuse. Et fausse.

Pacorme nous dépeint la littérature comme un jeu confus, flou, instable, incapable de saisir le réel autrement qu’en le déformant. À l’écouter, lire un roman serait une expérience d’échec permanent, une errance herméneutique, un acte inutilement imparfait. Il va jusqu’à affirmer que nous sommes « naturellement de mauvais lecteurs ». Quel mépris, quelle condescendance ! Faut-il être un universitaire cynique pour ne plus croire que la littérature peut émanciper, transformer, voire sauver ?