Il y a de ces mots qui sont un peu partout. Il suffit de traverser d’un domaine à un autre pour les rencontrer. Ils sont d’une présence envahissante, instable. On dirait qu’ils marchent, qu’ils courent. Ils sont toujours en mouvement. C’est comme si… ces petits symboles avaient des dispositions humaines, jusqu’à pouvoir rêver de grandir et de posséder le monde. Néanmoins, cette constance ne peut s’expliquer ni par un acte d’orgueil, ni par un besoin de reconnaissance, ni par une attitude égocentrique, comme dans la majorité des cas qui nous concernent, nous les humains. Mais plutôt par une volonté de servir, de nous aider à amortir la prochaine chute ; ainsi, ils acceptent de nous accompagner dans la grande marche du temps.

Les mots, petits ou grands, sont de nature innocente, naïve. Ils ne dérangent pas. Ils ne répondent que sur appel. Ils n’agissent que sous l’emprise de l’humain.