Aujourd’hui, avec les réseaux sociaux, on n’a plus vraiment besoin de la bénédiction des « savants littéraires » pour défendre un livre qu’on aime. Que ce soit un recueil, un roman ou un essai. Il fut un temps, à Port-au-Prince, où l’on avait besoin de la déclaration d’un « pape » pour dire qu’un livre était bon. Ça m’arrive encore souvent : un jeune me tend son livre et me dit fièrement : « Le grand écrivain untel a dit ceci ou cela à son sujet. » Comme si, en tant que journaliste, je devais automatiquement considérer le commentaire du « pape ». Pourtant, avec l’avènement des réseaux sociaux, je crois que les jeunes écrivains ont moins besoin de la bénédiction du « pape » ou d’un « savant littéraire » pour la promotion de leur livre. Les lecteurs eux-mêmes peuvent désormais les défendre.

Qu’est-ce qui donne vie à un livre ? Les mains qui le touchent, les yeux qui le parcourent, les cœurs qui tombent dans ses pages. Il arrive qu’on aime tellement un livre qu’en le refermant, on a l’impression que notre cœur est resté à l’intérieur. Que ce livre a emporté une part de notre être. Qu’il a, tout à coup, changé notre vie.