Il s’est éteint le 29 juin 2021, à tout juste un mois de ses 96 ans, laissant derrière lui un grand héritage. Ordonné prêtre en 1951, il débute son ministère à L’Arcahaie, puis à Mirebalais. Mais c’est dans la vallée de Cange, dans le Plateau central, qu’il s’implante durablement, bouleversé par le sort des habitants déplacés à cause du barrage de Péligre. Là-bas, il n’y avait ni routes, ni écoles, ni dispensaires, presque rien, sinon la dignité de ceux qui y survivaient. Et pourtant, c’est de cette pauvreté qu’il a tiré une richesse humaine. Avec le soutien de son épouse Yolande, dite Manmito, et de collaborateurs étrangers, il bâtit patiemment une œuvre collective : des écoles, des églises, le Campus de Cange, des communautés, mais surtout, un espoir solide, enraciné dans la réalité. Il croyait que toute vie humaine, même la plus démunie, méritait d’être honorée. Et il a donné à des générations une chance de se relever, la tête haute.
Les débuts sont humbles : les premières classes ont lieu sous un manguier. Mais le père Lafontant savait que l’éducation était une semence durable. Il croyait à la force de l’instruction pour briser les chaînes de la pauvreté. C’est cette foi dans l’intelligence populaire, cette confiance dans le potentiel des communautés, qui l’a guidé toute sa vie.






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