D’jimy Malval vit avec les mots. Quand il vous croise, il vous parle de ses lectures du moment, vous cite une phrase jolie, un paragraphe. Chez lui, les mots ont une place de noblesse. Ce sont ses compagnons de route, ses outils de lumière. Il redéfinit le monde avec eux, dans une langue simple, fluide, toujours teintée d’un brin d’humour. Il y a beaucoup d’errance dans son œuvre, et l’imaginaire haïtien ne s’y cache jamais bien loin. Son premier livre, Nouvelles et errances, en est une belle illustration.

Voix posée, regard calme. D’jimy Malval est un écrivain vivant, au sens fort. Ce soir-là, à La Porte du poète, il a raconté comment l’écriture lui est devenue vitale. « J’ai commencé à écrire pour immortaliser les rêves, briser les blessures, éclairer nos mémoires. Je suis cadre à la Sogebank, et ce n’est pas facile de concilier travail et écriture. Mais la littérature me ronge quand elle est absente de mon quotidien. Quand je n’écris pas, je ne me sens pas bien. La terre arrête de tourner. L’écriture est une thérapie pour moi », confie-t-il, en sirotant une bière avec une lenteur rare.  Et il ajoute : « J’écris pour mon père qui est mort, ma famille, mon pays. J’écris pour tout ce qui est visible et invisible. L’écriture, c’est une manière de regarder le monde avec vingt-six petites lettres. »