Il reste difficile de définir clairement ce qu’est un « bon » film haïtien. La tâche se complique surtout lorsqu’il faut ignorer certaines décisions de mise en scène trop approximatives. Beaucoup de réalisateurs manquent cruellement de finition, tandis que nos comédiens s’abandonnent à des cabotinages atomiques, se mouvant avec la grâce pataude d’un lamantin gavé de Guinness Smooth. Tout cela dans des histoires racontées à la va-comme-je-te-pousse, où s’étalent des décors en carton-pâte qui brisent toute immersion.

À cela s’ajoutent les éternels personnages féminins « forts », en réalité de simples ersatz de Mary Sue, incapables d’exister autrement qu’au premier plan. Les dialogues n’échappent pas non plus au naufrage : des kilomètres de découpages ineptes, parfois jusqu’au surdécoupage parkinsonien, rendent ces scènes ridiculement poussives. Les effets numériques, grossièrement plaqués, semblent conçus pour faire frissonner une génération Z en quête de célébrité, ou pour gaver les milléniaux de clichés en rafale, dans l’espoir de les enfermer dans une nostalgie stérile du « c’était mieux avant ».