Le regard

C’était surtout le regard des proches que j’aime et en qui j’avais confiance qui amplifiait ma peur. J’avais besoin d’écoute, mais on me répondait par des critiques : « Je t’apprendrai à être stoïque, Dieu n’aime pas qu’on se plaigne, il y a pire que ça. » Quand j’étais trop submergée par mes émotions et fatiguée, je parlais à voix basse : c’était ma façon de préserver le peu d’énergie qu’il me restait et de me réguler. Mais cela devenait une moquerie, même quand j’expliquais ma douleur, ma fatigue et tout ce que je vivais intérieurement. Le pire, c’est que même mes silences étaient interprétés comme de la colère. Or, dans mes tumultes, je ne voulais pas qu’on ne me sauve ni qu’on me fixe : je voulais juste me sentir en sécurité à nouveau, sans m’isoler totalement.