Sans le vouloir, mon engagement personnel à rompre ce cycle du silence — le besoin de contrôle et le besoin constant de projeter l’image de perfection construit pour masquer la vulnérabilité — venait bouleverser un équilibre de survie auquel ils s’accrochaient. J’ai donc accepté le fait qu’ils ne pouvaient m’offrir une dynamique relationnelle équilibrée et de rester concentrée sur ma guérison et mon besoin de régulation. J’ai enchaîné les livres, les podcasts, les forums de discussion, l’écriture quotidienne et la thérapie. Je me suis également appuyée sur d’autres sources de soutien plus saines, notamment ma sœur. Elle était ma bouffée d’oxygène : la seule personne qui comprenait sans que j’aie à tout expliquer, l’une des rares à me demander comment j’allais vraiment, à écouter ce que je ressentais et vivais après les événements, sans jugement, sans minimisation, sans moquerie ni mépris. Ses mots m’ont aidée à me sentir moins coupable de ne plus pouvoir tenir et à comprendre que je n’avais pas besoin d’être parfaite pour être pleinement acceptée.

Un jour, dans une session, les yeux pleins de larmes, j’ai demandé à ma thérapeute : « Penses-tu que j’exagère vraiment ? Que je demande trop ? » Elle m’a répondu non, que je vivais simplement une expérience humaine, et que la considération, le soutien et le respect sont essentiels pour la protection de l’intégrité physique, émotionnelle et mentale dans toutes relations interpersonnelles. J’étais soulagée, car on me disait toujours que j’exagérais. Elle a expliqué que ce que je vivais correspondait à des dynamiques relationnelles insécurisantes, qui peuvent profondément affecter mon bien-être et rendre le processus de guérison du traumatisme initial plus compliqué.