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Opinions

Repenser une éventuelle intervention internationale en Haïti

Dépasser le statebuilding traditionnel et embrasser la gouvernance en contexte de souveraineté limitée

DP
Denise Poulard, poularddenise@gmail.com

September 29, 2025 · Lecture : 16 min

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Operation conjointe Minustah-PNH à Cité Soleil en 2014
Operation conjointe Minustah-PNH à Cité Soleil en 2014
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Résumé

Alors qu’Haïti traverse une crise multidimensionnelle sans précédent, la perspective d’une nouvelle mission internationale ravive les débats sur ses chances de réussite. Pour éviter la reproduction des échecs passés, il devient nécessaire de dépasser le paradigme conventionnel du statebuilding, historiquement centré sur l’édification d’un État centralisé et fort - un modèle dont l’inefficacité et l’inadéquation au cas haïtien ont été maintes fois démontrées (Pierre Étienne, 2007 ). Cet article plaide pour une approche alternative en s’appuyant sur le cadre de la limited statehood (Risse, 2011 ; Krasner & Risse, 2014 ; Börzel & Risse, 2021) et sur les analyses critiques des interventions précédentes (Dupuy, 2010 ; Fatton, 2014 ; Schuller, 2016). L’argument central est que, même dans un État fragmenté comme Haïti, la gouvernance n’est pas condamnée à l’échec. Elle peut se renforcer à condition de reconnaître la diversité des acteurs impliqués, de bâtir la légitimité à partir du terrain plutôt que de l’imposer d’en haut, et de mettre en place des arrangements de gouvernance hybrides adaptés aux pratiques sociales, politiques et institutionnelles déjà existantes.

Le droit et la nécessité morale d’intervenir 

300 × 250

Le droit international contemporain, notamment à travers le principe de la Responsabilité de protéger (R2P) adopté par les Nations unies en 2005, reconnaît le devoir de la communauté internationale de venir en aide aux États dont les populations sont confrontées à des crises graves menaçant leur existence, leur sécurité et leur dignité fondamentale. Ce cadre normatif repose sur une double justification : un impératif humanitaire ancré dans la protection des droits humains universels, et la reconnaissance d'une interdépendance mondiale où l'instabilité d'un État peut provoquer des effets déstabilisateurs à l'échelle régionale, voire globale (Keohane & Nye, 2000).

Dans le contexte haïtien, marqué par la récurrence de crises humanitaires profondes, ces arguments acquièrent une pertinence particulière et brulante. Pourtant, une forte majorité de la classe politique et des élites haïtiennes perçoit les interventions internationales comme une atteinte à la souveraineté du pays, voire comme la perpétuation d'un héritage historique douloureux, teinté de colonialisme et d'ingérence étrangère (Trouillot, 1990 ; Dupuy, 2010). Si ces critiques sont profondément légitimes et doivent être prises en compte, elles ne sauraient constituer un point d'arrêt à la réflexion. L'enjeu central n'est désormais plus seulement de savoir s'il faut ou non une intervention – question éminemment politique qui demeure ouverte -, mais plutôt de déterminer comment une intervention internationale, si elle est envisagée, pourrait être conçue et mise en œuvre pour éviter la reproduction des schémas d'échec du passé et s'inscrire dans une logique de partenariat respectueux et efficace.

Une mission à la croisée des chemins

La crise haïtienne actuelle est d’une intensité exceptionnelle, combinant effondrement sécuritaire, paralysie politique, détresse humanitaire et stagnation économique (Charles, 2022). Les interventions antérieures, qu’il s’agisse de la MINUSTAH, de la MINUJUSTH ou du BINUH, ont certes, pour certaines, contribué à maintenir un minimum d’ordre, mais elles n’ont pas permis la consolidation d’institutions solides ni la construction d’une confiance durable (Cohen, 2013 ; Kolbe, 2013). L’expérience post-séisme de 2010 illustre également ces limites : la Commission intérimaire pour la reconstruction d’Haïti (CIRH), censée coordonner l’aide internationale et nationale, s’est révélée incapable d’assurer une gestion efficace et transparente des ressources. Captée par des logiques politiques et des rivalités d’intérêts, la CIRH a laissé l’État en marge, réduit à un rôle secondaire, et n’a pas su transformer l’afflux de financements en opportunité de renforcement institutionnel (Ramachandran & Walz, 2012 ; Katz, 2013). En suivant cette logique, une nouvelle intervention internationale risquerait de reproduire les mêmes travers : manquer ses objectifs, nourrir davantage la méfiance et accentuer les fractures déjà profondes de la société haïtienne.

Les limites du statebuilding traditionnel en Haïti

Les approches conventionnelles du statebuilding s'articulent traditionnellement autour d'une séquence linéaire : sécurisation → élections → renforcement des institutions centrales → développement économique. En Haïti, ce modèle a pourtant révélé son inadéquation profonde, voire contre-productive. Plusieurs limites structurelles expliquent cet échec : 

Un déficit criant de légitimité : Perçues, le plus souvent, comme imposées de l’extérieur et servant des intérêts étrangers plutôt que les priorités locales, les interventions internationales ont alimenté une méfiance généralisée et renforcé un sentiment de dépendance néocoloniale (Schuller, 2016 ; Zanotti, 2011). 

L’invisibilisation des acteurs non étatiques et l’échec de la décentralisation : le cas pour une gouvernance hybride

L’approche traditionnelle du statebuilding, en se focalisant sur un État central haïtien déjà fragilisé, a conduit les interventions internationales à négliger la réalité d’une gouvernance plurielle et éclatée. Cette myopie a particulièrement nui à la reconnaissance des collectivités territoriales (départements, communes et sections communales), qui devraient pourtant constituer le noyau d’un modèle de gouvernance hybride adapté à la limited statxxehood.

Or, les efforts d’appui international à la décentralisation se sont révélés largement contre-productifs. Plutôt que de respecter une logique progressive de transfert graduel de compétences, permettant aux municipalités de se renforcer et de prouver leur capacité à assumer des responsabilités accrues, ces initiatives insinuent de préférence une forme de souveraineté locale qui retarde la démarche de la décentralisation territoriale (Berg, 2010 ; Bourjolly, 2021). Comme l’a montré Berg (2010), cette approche techniciste ignore les logiques de pouvoir et les blocages structurels qui rendent les réformes inefficaces. Résultat : la décentralisation, pourtant consacrée par la Constitution haïtienne de 1987, a été vidée de sa substance et n’a pas produit l’effet attendu de rapprochement de l’État avec les citoyennes et les citoyens.

Pourtant, les collectivités territoriales devraient être envisagées comme la continuité déconcentrée de l’Administration centrale, capables d’incarner les principes fondamentaux de la décentralisation : rapprocher les services publics, garantir un accès plus équitable et renforcer le lien de confiance avec les citoyens et les citoyennes. En leur absence, ce sont des acteurs parallèles — associations communautaires, organisations de la société civile, églises, diaspora et parfois groupes armés — qui remplissent des fonctions vitales de sécurité, de justice et de services sociaux (Matanock, 2020). Cette dynamique reflète une gouvernance hybride de fait, caractéristique des contextes de limited statehood, où l’autorité est fragmentée et partagée (Börzel & Risse, 2010). En définitive, l’absence d’un appui structuré et cohérent, aligné sur les principes réels de la décentralisation, n’a pas seulement affaibli les collectivités territoriales : elle a consolidé le cycle vicieux d’une hypercentralisation inefficace et ouvert la voie à des formes de gouvernance parallèles, privant l’État haïtien d’une légitimité durable.

Le renforcement paradoxal des élites et la marginalisation de l’État : Une part significative de l’aide publique au développement (APD) est orientée vers les organisations non gouvernementales (ONG) notamment celles originaires des pays-bailleurs. Il s’ensuit une forme de marginalisation des institutions publiques, réduites, pour l’essentiel, au rôle de simples observatrices (Ramachandran & Walz, 2012). Parallèlement, les fonds acheminés via l’appareil d’État – fragile et capté par des intérêts particuliers – ont consolidé des logiques clientélistes et néopatrimoniales (Fatton, 2014 ; Marcelin, 2015, Pierre Étienne, 2012). Ce double mécanisme a exacerbé les inégalités, miné la légitimité institutionnelle et affaibli davantage les capacités étatiques.

L’ensemble de ces constats montre que le modèle standard de statebuilding n’a pas seulement échoué à s’adapter au contexte haïtien : il a activement contribué à affaiblir davantage l’État, à reproduire l’instabilité chronique, bref, à la reproduction des dynamiques qu’il prétendait résoudre.

La souveraineté limitée : un cadre analytique adapté

La limited statehood permet de reconnaître que, dans de nombreux contextes, l’État, loin d'incarner le monopole de la violence légitime wébérien, n'y détient ni l'exclusivité ni souvent même la primauté de la gouvernance (Risse, 2011 ; Krasner & Risse, 2014). Cette dernière est assurée par un écosystème complexe et polycentrique d'acteurs non-étatiques, incluant des ONG internationales et locales, des autorités religieuses ou traditionnelles, des entreprises multinationales, des groupes armés et des réseaux criminels. Cette approche est utile pour Haïti car elle invite à considérer l’État comme un tout stratégique, garant de cohérence nationale, mais aussi secteur par secteur (sécurité, santé, éducation, agriculture), afin de repérer les espaces où des réformes pragmatiques sont possibles. Ce double regard est essentiel pour un pays où l’État central est structurellement fragile mais où certaines poches d’autorité subsistent.

Face à cette réalité, le modèle traditionnel de construction étatique, qui vise à exporter ou à restaurer un État fort et centralisé sur le modèle wébérien, apparaît non seulement comme une ambition illusoire mais aussi comme contre-productif. En insistant sur ce modèle, les interventions tendent à marginaliser des acteurs déjà reconnus comme légitimes par les populations, tout en produisant des institutions fragiles et peu opérationnelles. Plutôt que de poursuivre cet idéal abstrait d’un État centralisé sur le modèle wébérien, il paraît plus réaliste de s’attacher à améliorer, de manière concrète, la gouvernance telle qu’elle fonctionne dans un contexte de souveraineté fragmentée. Une telle orientation suppose d’adopter une démarche progressive, structurée autour de trois étapes :

Cartographier de manière plus dynamique les acteurs en présence, en identifiant non seulement qui ils sont, mais aussi leurs sources de pouvoir (économique, coercitif, symbolique), leurs sphères d'influence géographiques et sectorielles (sécurité, santé, justice), et les interdépendances qui les lient.

Évaluer leur légitimité sociale, politique et leur représentativité telles qu’elles sont perçues par les populations, qui sont souvent le véritable socle de l'autorité effective dans ces espaces. Cette évaluation permet de distinguer les acteurs qui imposent leur pouvoir par la coercition de ceux qui bénéficient d'un consentement local, et donc de prioriser les partenariats.

Expérimenter des arrangements de gouvernance hybrides, où les acteurs internationaux s'associent aux autorités étatiques et non-étatiques les plus légitimes. L'objectif n'est pas de les substituer à l'État, mais de les renforcer et de les encadrer pour mieux participer à la production des biens publics essentiels (sécurité, santé, éducation) de manière plus inclusive et efficace, en partant des structures de gouvernance déjà existantes.

Orientations stratégiques “hors des sentiers battus”

Toute réflexion sur une éventuelle intervention internationale en Haïti doit impérativement s’affranchir des schémas préconçus et affronter de front les blocages structurels trop longtemps éludés. Les questions foncières, sources de conflits et d’exclusion ; un clientélisme endémique qui corrompt l’accès aux fonctions publiques et aux services de base ; un système de parrainage politique qui étouffe la méritocratie ; l’absence d’une école républicaine, et l’inadaptation criante d’institutions, à l’image d’un Pouvoir législatif souvent perçu comme budgétivore et inefficace, figurent parmi les obstacles majeurs. Comme l’a montré Sauveur Pierre Étienne (2007), l’échec de l’État moderne haïtien repose sur une crise structurelle et persistante, tandis que Mirlande Manigat (2011) a souligné les limites des révisions constitutionnelles, souvent incapables de corriger ces blocages.

Si le régime politique (polity) actuel, hérité en grande partie de la fondation du pays, se révèle être un obstacle structurel au renforcement des partis politiques et à l’efficacité des politiques publiques (policy), il devient alors nécessaire d’oser envisager une refonte systémique. Le régime actuel (semi-présidentiel - semi-parlementaire) entretient un flou sur la répartition des responsabilités entre l’Exécutif et le Législatif ; il est impossible de savoir clairement qui doit rendre des comptes en matière d’efficacité et d’efficience des politiques publiques. Cette ambiguïté structurelle alimente la paralysie institutionnelle, permet aux pouvoirs de se défausser l’un sur l’autre, et fragilise encore davantage la légitimité du système. Dans ces conditions, envisager une refonte systémique, endogène et courageuse, apparaît comme une nécessité. L’objectif ne serait pas d’importer un modèle étranger, mais de construire un cadre constitutionnel et institutionnel capable de renforcer les partis politiques, de stabiliser l’action publique et d’améliorer la qualité des politiques (policies).

Il convient également de prendre en compte une tendance croissante au sein de la société haïtienne : le besoin de renouer avec les sources culturelles et identitaires comme fondement de légitimité politique (Gélineau et al., 2016). Cette orientation, observée dans divers contextes de souveraineté limitée, valorise des formes d’autorité morale et communautaire — parfois incarnées par des chef(fe)s traditionnel(le)s — capables de restaurer la confiance entre institutions et citoyen(ne)s. Leur reconnaissance ne signifie pas un retour en arrière, mais l’intégration de relais sociaux légitimes dans la construction d’une gouvernance. Comme le souligne Pluim (2019), ce type de légitimité ascendante contribue à renforcer l’efficacité institutionnelle et à rapprocher les politiques publiques des besoins exprimés par la population. 

Des expériences internationales offrent d’ailleurs des preuves tangibles. Le principe de reconnaissance des chef(fe)s traditionnel(le)s est largement admis dans certains pays en Afrique de l’Ouest. Elles/Ils y assument un rôle central dans la médiation des conflits, l’administration foncière et la fourniture de services communautaires, et bénéficient souvent d’une légitimité plus forte que celle des institutions étatiques formelles (Essel, 2020 ; Matsiliza, 2024). Cette gouvernance hybride formelle renforce la cohésion sociale en validant des autorités perçues comme plus légitimes localement (Velasco, 2021). Valesco insiste sur le fait que ce type de légitimité ascendante peut renforcer l’efficacité institutionnelle et rapprocher les politiques publiques des besoins réels de la population. En Bolivie, en Équateur et au Mexique la reconnaissance constitutionnelle des juridictions autochtones – par exemple, en matière de justice ou de gestion de l'eau – ne se substitue pas à l'État mais crée une complémentarité légitime. Ces cas démontrent que la reconnaissance d’autorités locales et morales peut constituer un levier concret pour améliorer la gouvernance dans des contextes d’État fragmenté.

Appliqué à Haïti, un tel modèle suppose de considérer les collectivités territoriales non comme de simples prolongements de l’Administration centrale, mais comme des acteurs de proximité capables de traduire les aspirations citoyennes en politiques concrètes. Cela suppose aussi un retour formel aux autorités traditionnelles en tant que figures morales, susceptibles de renforcer la confiance et la légitimité au niveau communautaire. Enfin, la mise en œuvre d’une gouvernance hybride, articulant institutions modernes, collectivités locales et figures d’autorité endogènes (mécanismes endogènes/mécanismes traditionnels de résolution de conflits), représente une voie réaliste pour sortir du cycle d’échec du statebuilding classique. Seule l’acceptation de ce pluralisme institutionnel, pensée dans une perspective endogène et participative, peut offrir une alternative durable à la crise haïtienne.

Le mandat de toute éventuelle intervention internationale devrait être rigoureusement circonscrit et priorisé. Comme l'a souligné Risse (2011), la littérature sur la limited statehood identifie plusieurs séquences possibles — security first, institutionalization first, civil society first — mais le choix pour Haïti doit être dicté par une analyse empirique des réalités locales et par les leçons tirées des échecs répétés du passé. Une intervention internationale ne devrait nullement être conçue à distance, mais co-construite avec les acteurs haïtiens, au plus près des dynamiques sociales, politiques et institutionnelles.

Un impératif moral, stratégique et institutionnel

Si une nouvelle intervention internationale venait à être envisagée, son rôle ne devrait pas se limiter à rétablir temporairement la sécurité ni à fournir une assistance technique fragmentaire. L’enjeu central serait de créer les conditions d’un véritable pacte social et institutionnel, pensé et porté d’abord par les Haïtiennes et les Haïtiens. Une telle démarche ne pourrait réussir que si les partenaires extérieurs acceptaient d’adopter une posture différente : non pas imposer des solutions prédéfinies, mais accompagner le processus, en soutenant les initiatives locales, en respectant les priorités définies sur place et en conditionnant leur appui à une dynamique de participation et de responsabilité nationale. 

Cependant, l'hypothèse même d'une mission ne doit pas occulter le problème fondamental : l'inadéquation du régime politique. Le système actuel, hérité des turbulences politiques historiques qu’a connues le pays, a suffisamment, prouvé son inefficacité structurelle. Il a entravé l’émergence de partis politiques solides et programmatiques, nourri l’instabilité gouvernementale chronique et rendu impossible toute reddition de comptes en matière de politiques publiques. Plus fondamentalement, le régime politique en vigueur entretient un flou institutionnel persistant sur la répartition des responsabilités. On ne perçoit pas systématiquement qui de l’Exécutif ou du Législatif doit être tenu responsable des choix de politiques publiques effectués, de l’inefficacité et de l’inefficience des politiques publiques mises en œuvre. Cette ambiguïté structurelle permet aux pouvoirs de se défausser l’un sur l’autre, ce qui paralyse l’action publique et fragilise encore davantage la légitimité des institutions. Une refonte courageuse du cadre institutionnel est donc une condition sine qua non. Cette réflexion doit viser à clarifier les responsabilités exécutives et législatives, à renforcer les capacités de l'Administration de manière sectorielle, et in fine, à créer un système qui encourage la stabilité et la performance plutôt que le clientélisme et la lutte pour les prébendes.

En définitive, l'avenir d'Haïti ne se jouera pas sur le nombre de casques bleus déployés(e)s, mais sur la capacité collective à innover politiquement. Il va falloir sortir des sentiers battus, des solutions standardisées, affronter enfin les questions structurelles trop longtemps éludées. Seul un tel cadre, adapté aux réalités haïtiennes et porté par un projet de société inclusif, pourra offrir une alternative durable à la crise actuelle et briser le cycle infernal de l'échec étatique.

Références 

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Börzel, T. A., & Risse, T. (2010). Governance without a state: Policies and politics in areas of limited statehood. Columbia University Press.

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