Dans cette troisième partie de sa série « Du récit de vie au mythe : le biopic, cette fabrique des icônes au cinéma », Gaël (Mø Øn) Jean-Baptiste, critique de cinéma, scénariste et réalisateur, poursuit son exploration de ce genre fascinant où la vie réelle se fond dans la fiction. À travers une traversée des époques — des grandes fresques historiques des années 1960 aux portraits plus intimes et audacieux du XXIᵉ siècle — il interroge la manière dont le biopic reflète les mutations de la société, du pouvoir et de la création artistique.

Genres
Les biopics couvrent tous les genres cinématographiques. D’une part, si des biopics comme Lawrence d'Arabie (1962) et Cléopâtre (1963) utilisaient leurs sujets pour raconter de grandes histoires, d'autres types de biopics commençaient à émerger à cette période. Il y a le Spartacus de Stanley Kubrick sorti en 1960 qui, tout en étant un biopic épique traditionnel sur la troisième guerre servile (73-71 av. J.-C.), a également fonctionné comme un commentaire sur la chasse aux sorcières que subissaient les communistes de l’époque et a conduit à The Hollywood Blacklist. D’autre part, bien que situé au XVe siècle, l’intrigue du majestueux Andreï Roublev sorti en 1966 du génie incontesté Andreï Tarkovski, quant à lui s'appuie sur son contexte pour critiquer la répression des libertés artistiques et spirituelles par l'Union soviétique de l'époque. Le film se verra interdit puis censuré en Union soviétique.