À l’occasion de la 50ᵉ édition du Prix littéraire Henri Deschamps, la littérature haïtienne se confronte à son paradoxe : ses étoiles brillent, mais trop souvent à distance. Entre nostalgie d’un passé foisonnant et du silence des ruelles de Port‑au‑Prince, ce texte retrace le chemin des écrivains, leurs œuvres et l’exil qui menace de les éloigner du pays qu’ils continuent pourtant d’incarner par leurs mots.

C’est en arrivant à l’hôtel El Rancho, ce mercredi 12 novembre, que j’ai compris pourquoi Dominique m’appelait si instamment pour savoir où j’étais. J’étais coincé dans un embouteillage avec Eyide Davidson Latortue, un photographe. À mon arrivée, la salle était vide. J’avais pourtant demandé à Joubert Joseph de venir couvrir l’événement. Heureusement, Elien Pierre était déjà sur place. On venait à peine de commencer lorsque j’ai franchi la salle.