À l'approche des élections que beaucoup projettent pour 2026, une conviction semble s'installer dans le débat public haïtien : le pays a besoin de voter, et vite, pour sortir de l'impasse politique actuelle. Mais une question plus profonde, plus structurelle et infiniment plus dérangeante se pose : que peut-on réellement attendre d'élections organisées sous l'architecture intacte de la Constitution haïtienne de 1987, une Constitution dont le fonctionnement réel a très largement contribué à l'effondrement progressif de la gouvernabilité, de la décision publique et de la continuité d'État ?

L'enjeu n'est pas d'opposer « bons » et « mauvais » acteurs politiques. Il est de comprendre pourquoi, dans un cadre institutionnel constant, des acteurs différents produisent invariablement les mêmes équilibres pathologiques : blocage décisionnel, discontinuité administrative, absence de légitimité durable, gouvernements éphémères, paralysie budgétaire chronique, stagnation réformatrice systématique.