Il y a cinquante-deux ans, un enfant de sept ans vivait la Coupe du monde à Munich… à travers le souffle d’une radio. Cinquante et un ans plus tard, le même enfant, devenu témoin du 21ᵉ siècle, écoute encore, dans le noir d’une ville sans électricité, le triomphe des Grenadiers à Curaçao. Entre mémoire et présent, entre espoir et résilience, Haïti s’éveille à nouveau sous le chant de ses héros.

Quand j’avais sept ans, il y a cinquante-deux ans, la Coupe du monde se vivait à la radio. À Munich, la voix des commentateurs tremblait d’émotion et de feu, et dans le salon de notre maison, l’enfant que j’étais voyait des stades immenses, des couleurs vives, des héros qui portaient des noms gravés dans le cœur des Haïtiens : Henri Francillon, Arsène Auguste, Pierre Bayonne, Ernst Jean Joseph, Wilner Nazaire, Eddy Antoine, Jean-Claude Désir, Guy François, Philippe Vorbe, Guy Saint‑Vil, Emmanuel Sanon, Claude Barthelemy. Sous la direction d’Antoine Tassy, figure de légende, les Grenadiers avaient fait vibrer tout un pays.