Parfois, quand les mots d’un article se brisent sur la réalité et ne suffisent plus à dire la douleur, je prends le chemin du poème. Là, ma lyre se met à hurler cette triste complainte, pour rappeler que ce pays de montagnes, Haïti, nous donne toujours rendez-vous au sommet. Pourquoi détourner le regard de ces hauteurs qui nous appellent à relever notre âme ? Ces montagnes, fières et immuables, nous entourent comme un géant de promesses et d’avenir, nous rappelant que même sous le poids de la violence, de l’injustice et des mains qui trahissent notre terre, il reste toujours un horizon vers lequel se tenir debout, dignes et résistants. Haïti, écoute le vent dans les pins, le chant des oiseaux et le murmure des crêtes : c’est ton appel à te lever, à respirer, à marcher vers la lumière que tu portes en toi.

 

Au commencement, il y avait la lumière,
et sur elle se penchaient
les grandes et belles montagnes d’Haïti.
La Selle, La Hotte, les Montagnes Noires,
le Massif du Nord :
quatre colonnes dressées
pour tenir le ciel en équilibre
au-dessus d’un pays façonné
de beauté et de bras courageux.