Près d’un an après avoir terminé leur formation probatoire, les 59 magistrats issus de l’École de la magistrature (EMA) ont dénoncé un retard prolongé dans le processus de nomination les empêchant d’intégrer le système judiciaire. Dans deux correspondances officielles adressées respectivement au président du Conseil supérieur du pouvoir judiciaire (CSPJ), Jean-Joseph Lebrun, et au ministre de la Justice, Dr Patrick Pélissier, ils ont exprimé leur profonde inquiétude face à une situation qu’ils qualifient d’« insoutenable ».

Formés en décembre 2024 dans le cadre d’un programme visant à renforcer les effectifs des tribunaux de paix et des juridictions en situation de sous-capacité, ces 59 nouveaux professionnels du droit se retrouvent, selon leurs propres termes, dans une « impasse professionnelle et socio-économique ». Passés pour certains de l’avocature à la magistrature, ces nouveaux magistrats expliquent ne plus pouvoir exercer pleinement leur ancienne profession tout en n’étant pas officiellement intégrés comme magistrats assis. Cette situation hybride crée, disent-ils, un « vide statutaire » qui affecte non seulement leur stabilité financière et familiale, mais aussi leur crédibilité professionnelle au sein de leurs communautés.