Le 7 février, date qui doit marquer la fin du mandat de la transition en cours, approche à grands pas. Il n’y a, jusqu’ici, rien de prévu pour après. Les acteurs politiques et toutes les bonnes fées qui s’étaient penchées sur le berceau des nonuplés en 2024, n’avaient pas imaginé qu’ils échoueraient à organiser des élections. Le décret portant création de l’institution, celui déterminant son organisation et son fonctionnement comme l’Accord politique du 3 avril pour une transition pacifique et ordonnée ne prévoient ni de prolongation ni de renouvellement pour les acteurs actuels.
Pour le reste, entre médiateurs autoproclamés, comités d’initiative, regroupements spontanés ou sponsorisés, l’opinion entend passer une multitude de propositions. Si le consensus fait défaut, la floraison des offres est impressionnante et il est à redouter que le vacarme s’amplifie, à mesure que l’échéance approche.
Il faut dire que depuis la création du CPT, tous les aspirants présidents ont compris qu’on n’avait plus besoin de base légale ni de légitimité pour occuper la plus haute fonction de la République. Mieux, ils ont maintenant la certitude qu’on peut partager à l’infini les postes en multipliant le titre de président.
Haïti est passé du rêve de la chaise bourrée à celui du banc présidentiel. Les avantages et privilèges en sus, sans l’obligation de résultat.
L’impunité est même, depuis peu, sanctuarisée dans deux textes légaux douteux : le Décret portant organisation et fonctionnement de la Haute Cour de Justice et celui encadrant l’exercice de la liberté d’expression et portant prévention et répression des délits de diffamation et de presse.
Aujourd’hui, non seulement on peut occuper les plus hautes responsabilités sans passer par la case élection, mais on est sûr de jouir du pouvoir et des privilèges qu’il confère sans entraves pendant et après.




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