J’ai toujours habité les lieux d’une façon, presque incroyable. Pourquoi j’aime ce restaurant, ce café ? Pourquoi j’aime celui de là-bas et pas d’ici ? C’est souvent un geste. Comment on te sert le café, comment on m’a accueilli. L’émotion du moment. J’aime ce café qui est situé à deux pas de mon appartement à Montréal. Parce que. Parce que, souvent, quand on va fermer, on m’offre du café. Pas besoin de payer.

Ce n’est pas que le café filtre qui coûte 3,45$ et que l'on m'offre va me rendre millionnaire, mais le geste. Je le trouve humain, solidaire. Quand j’habitais à Port-au-Prince, j’aimais ce restaurant situé en face de Sainte Altagrâce à cause des serveuses et des gérants. Ils vous saluent. Ils demandent vos nouvelles. Ça fait une semaine qu’ils ne vous voient pas. Et là vous devez justifier votre absence. Je trouve ça drôle : devoir justifier son absence dans un bar ou un restaurant. Comme si on n’avait pas le droit de rester à la maison pendant une semaine, voire deux…