Chaque année, je reprenais la route du Sud comme on retrouve un ancien amour, le cœur vibrant d’anticipation. Jacmel m’accueillait alors, ville suspendue entre mer et montagne, où le papier mâché devenait dragon, diable ou fleur tropicale, et où les rues se transformaient en théâtre d’ombres et de lumière. Dans le tumulte des couleurs, des cris et des rythmes, se dévoilait un monde que seul le carnaval peut révéler : la folie douce des hommes, la beauté des artisans, et la mémoire vivante d’un pays entier. Aujourd’hui, privé de cette route et de ce spectacle, je revis Jacmel dans mes souvenirs, chaque détail palpite encore comme une flamme dans l’obscurité de l’absence.
Le temps d’un délire collectif






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