La célèbre citation de Jean-Paul Sartre, « L’enfer, c’est les autres », extraite de sa pièce Huis clos (1944), est souvent mal comprise. Elle est fréquemment interprétée comme une condamnation du vivre-ensemble, suggérant que la société serait, par nature, un foyer permanent de conflits, de tromperies et d’impossibilité d’harmonie. Cette lecture réductrice a pourtant largement contribué à la popularité mondiale de la phrase, au détriment de son sens philosophique réel.

Chez Sartre, « l’enfer » ne désigne pas simplement autrui en tant que tel, mais le regard de l’autre : ce regard qui nous juge, nous fige, nous définit, et qui, ce faisant, nous prive de la liberté d’être pleinement nous-mêmes. L’autre nous objective ; il fait de nous ce qu’il voit, et non ce que nous sommes intérieurement.