La fin du XIXème siècle s’ouvrit sur une modification profonde du contexte international. Les États-Unis s’engagèrent dans une politique expansionniste dans les Caraïbes : la marine américaine se modernisait, la guerre hispano-américaine de 1898 consacra Washington comme puissance régionale, et le canal de Panama, dont la construction débuta en 1904, accentua l’intérêt stratégique de la zone. Haïti ne constituait plus seulement un symbole pour la diplomatie afro-américaine : elle devenait un enjeu géopolitique. Les chefs de mission nommés à Port-au-Prince durent composer avec les directives de leur gouvernement et les susceptibilités d’une République jalouse de son indépendance.
Avant d’aborder les portraits, une nomination mérite d’être relevée. En mars 1885, le président républicain Chester A. Arthur désigna George Washington Williams comme Ministre Résident et Consul Général en Haïti. Williams prêta serment, mais ne rejoignit jamais son poste : le président entrant, le démocrate Grover Cleveland, lui préféra John E. W. Thompson. Né en 1849 à Bedford Springs, en Pennsylvanie, Williams était pasteur baptiste, vétéran de la guerre de Sécession, avocat et historien. En 1882, il publia “History of the Negro Race in America”, première synthèse scientifique consacrée aux Afro-Américains en deux volumes, que W.E.B. Du Bois qualifia d’œuvre du « plus grand historien de la race noire ». En 1890, il se rendit au Congo et dénonça publiquement, le premier, les atrocités commises par les agents du roi Léopold II de Belgique dans une “Lettre Ouverte au Roi”, utilisant l’expression « crimes contre l’humanité » un demi-siècle avant le procès de Nuremberg. Il mourut en Angleterre en 1891, à quarante et un ans.






Commentaires
Aucun commentaire pour le moment. Soyez le premier à réagir.