Dans un monde où la parole intime est souvent tue, étouffée par le bruit du quotidien, l'autrice choisit de confier au papier ce que l'on n'ose pas dire à voix haute. Ce faisant, elle offre au lecteur non seulement un témoignage personnel, mais aussi un miroir dans lequel beaucoup pourraient se reconnaître.

C'est un ouvrage de 141 pages, comprenant 22 textes, mis en page sous forme de poésie. Cependant, on n'y trouve pas de procédés stylistiques intrinsèques à la poésie — non pas parce que la poésie aurait une définition propre répondant aux critères de Socrate, mais parce que le livre ne s'inscrit pas dans une démarche créatrice à proprement parler. Cette absence de cadre générique assumé est précisément ce qui rend l'ouvrage difficile à classer. D'ailleurs, l'autrice ne revendique aucun genre littéraire pour qualifier son ouvrage, comme si l'étiquette importait moins que l'acte d'écrire lui-même. Certains pourraient parler d'un recueil de témoignages, d'autres d'une prose intime ou d'un journal poétisé. Quelle que soit la désignation retenue, ce qui prime, c'est l'authenticité du propos. En témoigne cet extrait :