Ils étaient vingt-trois — étudiants, écoliers en uniforme, jeunes poètes en devenir — réunis au 320, Route de Bourdon, dans les locaux de la DNL, pour une journée placée sous le signe de la poésie. L'invité de marque : Lyonel Trouillot, l'une des voix les plus importantes de la littérature haïtienne contemporaine. L'occasion : la Quinzaine de la Francophonie. L'objectif : apprendre à écrire, ou plutôt, apprendre à se trouver.

Pour Trouillot, la santé de la poésie haïtienne n'est pas en danger. Ce qui l'inquiète, c'est l'environnement qui l'entoure. « Il y a de l'élan, il y a du drame humain, il y a du bonheur humain », dit-il à propos de la création poétique locale. Mais il pointe du doigt un manque criant de culture critique : « On valorise des choses qui ne méritent pas d'être valorisées, et ce qui mérite de l'être ne l'est pas. » Une distorsion qui freine, selon lui, le véritable renouvellement de l'écriture poétique dans le pays.