Le secret de la puissance haïtienne réside, comme il a été déjà dit, dans la Citadelle Henry. La première partie de l’exposé concernait « ce qui est peu connu » de cet ouvrage historique et mythique, désigné vulgairement sous le nom de « La Citadelle ». La deuxième partie porte sur « ce qui est tout à fait mal connu » de ce monument inscrit sur la liste du patrimoine mondial de l’UNESCO. Ce qui est mal connu intéresse le secret de la Citadelle, elle-même, en tant que symbole de l’aménagement du territoire (AT) national. Dans un long article publié en 2017, aux éditions françaises Mare et Martin, dans un ouvrage collectif, édité par Alioune B. Fall et al, de l’Université de Bordeaux IV, il m’a été offert l’occasion de présenter « la dimension ethno-juridique de l’aménagement du territoire en Haïti ». La marche de la pensée nationale dans cette question existentielle a suivi un cheminement tout à fait prometteur. Tour à tour, ont été mis en place la division de l’AT au sein du Conseil de Développement Economique et de Planification (CONADEP) par le décret de 1973, la direction de l’AT et de Protection de l’Environnement au MPCE - Ministère du Plan et de la Coopération Externe - (décret de 1978), le processus de régionalisation avec la loi de 1982 et la Commission Nationale de l’AT en 1987. La Constitution de 1987 avait, en effet, abandonné la régionalisation au profit de la départementalisation. Puis, le décret cadre de 2005 de l’environnement et de régulation de la conduite des citoyens et citoyennes pour un développement durable a créé le Comité Interministériel de l’AT (le CIAT) qui avait proposé en 2010 des stratégies territoriales pour la reconstruction nationale après le séisme dévastateur de 2010. En 2011, le MPCE a publié le cadre de la politique nationale de l’AT. Après une cinquantaine d’années riche en réflexions diverses, les résultats ont été minces sur le plan pratique. C’est que durant ces deux dernières décennies, il y eût, sur le territoire national, beaucoup de déséquilibres dans la distribution des hommes et des richesses d’origine naturelle et anthropique, pour le plus grand malheur des populations victimes. Aujourd’hui, la société haïtienne, menacée d’effondrement, n’est pas encore consciente de l’aggravation des problèmes associés aux mouvements de population. Y a-t-il actuellement un modèle d’aménagement du territoire, conçu et mis en route par les gangs armés durant cette période d’anarchie et de chaos généralisé ? En quoi le modèle dessalinien d’AT représente-t-il une voie durable de sortie de crise ou une opportunité de développement dans une société en pleine mutation ? Pourquoi les élites haïtiennes avaient-elles rejeté le modèle dessalinien au bénéfice du modèle colonial ? Sur quoi faire reposer, aujourd’hui une stratégie durable de sortie de crise, compatible au meilleur modèle d’AT possible ?
Mieux définir le territoire national






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