Il est des livres qui ne se lisent pas seulement avec les yeux, mais qui se respirent, se ressentent et s’imprègnent en nous comme une matinée de rosée. Fleur d’hiver, le second ouvrage de la jeune autrice Stessa May-Irah Bigord, est de cette étoffe-là. C’est une petite pépite de candeur et de profondeur. Une fenêtre ouverte sur l’âme d’une enfance qui observe, comprend et transforme le monde. Dans le paysage foisonnant et parfois méconnu de la littérature jeunesse haïtienne, ce récit d’à peine une vingtaine de pages détonne par sa pureté et sa capacité à nommer, avec une simplicité désarmante, les tourments et les joies qui habitent le cœur de nos plus jeunes lecteurs.

L’histoire suit Fleur-d’hiver, une fillette de dix ans, déracinée de son quotidien paisible à la campagne pour affronter le tumulte de la capitale et les codes parfois cruels de l’école primaire. Là où beaucoup d’auteurs adultes chercheraient des complexités narratives pour étoffer leur histoire, Stessa May-Irah Bigord choisit la ligne droite, le cœur du sujet, le souffle court et vif de la vérité.