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Opinions

Les déplacés à Carrefour Trois Mains : un danger pour la sécurité publique

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Alceus Dilson alceus.dilson@gmail.com

May 28, 2026 · Lecture : 2 min

🇫🇷Lire en français
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Plusieurs centaines de personnes ont dû quitter leurs maisons pour aller se réfugier à Carrefour Trois Mains, à Carrefour Airport, à la suite des affrontements entre groupes armés dans la Plaine du Cul-de-Sac, notamment à Sarthe, Cazeau, Duvivier et dans plusieurs autres zones d’Haïti. Cette situation représente un véritable danger pour la sécurité publique, puisque cette zone se trouve à proximité de l’aéroport international et de la SONAPI, des espaces stratégiques pour la sécurité et l’économie de la zone métropolitaine.

Selon la théorie du développement urbain durable, une ville ne peut fonctionner correctement sans planification territoriale, sans accès aux services sociaux de base et sans contrôle de l’expansion urbaine. Lorsque des populations déplacées s’installent de manière improvisée dans des zones sensibles, sans infrastructures adéquates, cela favorise la naissance de quartiers précaires exposés à l’insécurité, à la pauvreté et à l’exclusion sociale.

Or, l’État central ne semble pas avoir tiré les leçons de la formation de plusieurs zones de non-droit en Haïti. Laisser des milliers de personnes vivre dans des conditions inhumaines, sans encadrement, sans services de base et sans perspectives, risque d’alimenter davantage l’insécurité sociale et la criminalité. Une population abandonnée à elle-même devient vulnérable au recrutement des groupes armés, à la violence et au désespoir.

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Le sociologue américain Robert Park, à travers la théorie de l’écologie urbaine, explique que lorsqu’un espace urbain est abandonné par les institutions publiques, d’autres formes d’organisation informelles ou criminelles prennent le contrôle du territoire. Cette réalité correspond malheureusement à plusieurs zones urbaines en Haïti où l’absence de l’État favorise l’expansion des groupes armés.

De plus, la théorie de la désorganisation sociale développée par Clifford Shaw et Henry McKay montre que la pauvreté extrême, les déplacements massifs de population et l’absence de structures communautaires solides augmentent les risques de violence et de délinquance dans les milieux urbains fragiles. Ainsi, le problème des déplacés n’est pas uniquement humanitaire ; il devient aussi une question majeure de sécurité publique et d’aménagement urbain.

L’État doit prendre des mesures urgentes afin que ces personnes puissent retourner chez elles dans la paix et la sécurité. Dans le cas contraire, il doit mettre en place de véritables centres d’accueil dignes, organisés et sécurisés pour les personnes déplacées, avec accès à l’eau, à la santé, à l’éducation et à l’accompagnement psychologique.

Selon la théorie de la gouvernance urbaine, une ville stable repose sur la capacité des autorités publiques à coordonner la sécurité, l’habitat, les infrastructures et les politiques sociales. Sans vision stratégique, les crises urbaines se transforment progressivement en crises structurelles difficiles à contrôler.

Haïti semble être l’un des rares pays où une grande partie de la classe politique ne pense pas suffisamment à l’avenir de la jeunesse. Diriger un pays exige pourtant de la planification, de la prévoyance et une vision à long terme. Un État responsable ne doit pas seulement gérer les crises ; il doit aussi les prévenir.

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