Dans son ouvrage intitulé Le droit à l’identification citoyenne, l’auteur Louis Frédéric Adelphonse met le doigt sur un sujet majeur de l’espace haïtien : celui du droit à l’identité, consacré par des textes juridiques nationaux et des traités ratifiés par Haïti. Le problème est réel. Des organisations de la société civile n’ont cessé d’évoquer la question de l’identité en Haïti. Des milliers d’Haïtiens vivent aujourd’hui sans la moindre preuve juridique de leur existence. Ce qui n’est pas sans conséquences notables sur leur vie des années plus tard. Mais ceci n’est qu’une petite branche du grand arbre de la problématique du droit à l’identité en Haïti.

Louis Frédéric Adelphonse veut, quant à lui, toucher un autre aspect de ce problème : la manière d’aborder le processus d’identification comme un simple acte administratif en dehors des obligations légales. Cela étant, il fait de la carte communément appelée « carte Dermatologue » un cas d’espèce, qu’il utilisera pour analyser la question tout au long de son ouvrage, en mettant en avant notamment l’obligation d’un cadre juridique pour tout changement de CIN dans le pays. Ce qui n’a pas été fait lors du changement des cartes d’identification nationale en 2019.