Le 8 juillet 1926, Le Nouvelliste annonçait la mort de Philippe Sudre Dartiguenave, ancien président de la République. Le journal évoquait alors « une grande figure politique qui s'éteint ». Cent ans plus tard, jour pour jour, cette disparition rappelle le parcours de celui qui fut, de 1915 à 1922, le premier chef d'État haïtien à gouverner sous l'occupation américaine.
Né le 6 avril 1862 à Anse-à-Veau (certaines sources situent sa naissance en 1863), Philippe Sudre Dartiguenave était issu d'une famille de l'élite. Son père, Louis Dartiguenave, était général de l'armée, et sa mère, Marie-Élisabeth Riche, appartenait à une famille influente de la région. Il fit ses études secondaires au collège Saint-Martial puis au lycée Pétion, avant de partir étudier le droit à Paris, où il obtint sa licence en 1888. De retour en Haïti, il s'inscrivit au barreau de Port-au-Prince, puis exerça comme commissaire du gouvernement dans sa ville natale, avant de devenir substitut, puis juge au tribunal civil de la capitale au cours des années 1890. Réputé pour son calme et sa simplicité, il fut surnommé « Tèt chat » par ses contemporains, qui décrivaient un homme de grande taille, aux cheveux grisonnants et au regard clair.






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