La conjoncture politique en Haïti, depuis juillet 2021, est profondément marquée par l'assassinat du président Jovenel Moïse. C'est ainsi qu'un événement tragique ouvre une période de transition chaotique et une instabilité profonde dans le pays. Ce crime crapuleux mit, soudainement, fin au quinquennat de M. Moïse qui a pu résister aux différentes manifestations déclenchées par les opposants à sa présidence, avides de pouvoir. Ses déclarations, de son vivant, ont porté sur le refus de démissionner face aux crises, la lutte contre la corruption des oligarques et la nécessité de réformes constitutionnelles. Face au tumulte politique, il a affirmé, à plusieurs reprises, qu'il ne laisserait pas le pays aux mains des gangs et qu'il terminerait son mandat. Ainsi, il déclara: « Au niveau de l’exécutif, nous n’avons pas la velléité de ne pas organiser les élections dans le pays, mais nous sommes dans une situation de fait et c’est pour cela que je profite de l’occasion pour dire qu’il s’agit d’une opportunité historique pour que, nous les forces vives, nous nous mettions ensemble pour parvenir à trouver la bonne direction pour le pays. »
Sorti de l'élection présidentielle la plus longue de toute l'histoire d'Haïti, Jovenel Moïse a battu ses adversaires politiques, dont André Michel et Moïse Jean-Charles. Le président prêta serment le 07 février 2017 comme le 58e président de la République. Réalisée par l'administration de transition de M. Jocelerme Privert, dans des conditions extrêmement difficiles, notamment après l'ouragan Matthew en automne 2016, cette joute électorale laissait déjà croire que le pays n'allait pas connaître des jours meilleurs. Cette crise post-électorale fait, en réalité, rage en Haïti depuis le 06 juillet 2018 après que le gouvernement de M. Jacques Guy Lafontant a décidé d'augmenter les prix du carburant, ce qui a provoqué le mécontentement de la population. Ce fut le jugement aveugle d'un pouvoir lucide! Descendus massivement dans les rues de Port-au-Prince pour protester contre une éventuelle hausse du coût des produits pétroliers, les habitants du pays sont victimes, une fois de plus, de belles promesses électorales, en particulier de celles du candidat Moïse, car celui-ci, pendant sa campagne électorale, avait annoncé, haut et fort, qu'il allait mettre de la nourriture dans l'assiette des habitants du pays et de l'argent dans leurs poches. Ce n'était que du sucre amer!
Notez que, depuis le 20 novembre 2016, Haïti n'a connu aucun scrutin national à cause d'une grave crise institutionnelle et sécuritaire. L'évolution de cette période confuse et anarchique commençait, pour ainsi dire, à s'intensifier sous la gouvernance d'Ariel Henry, Premier ministre désigné, qui prend les rênes de l'exécutif en 2021, après la mort brutale du président Moïse. Arrivé au pouvoir, après le meurtre crapuleux de M. Moïse, Ariel Henry a repoussé, en maintes fois, les échéances électorales promises, perdant ainsi toute légitimité aux yeux de la population et de l'opposition. Or, sous son gouvernement, l'emprise des gangs s'est renforcée considérablement, causant une crise humanitaire et sécuritaire majeure menant au contrôle d'une grande partie de la capitale, Port-au-Prince, par les groupes civils armés. Qui pis est, l'instabilité politique persistante, marquée par des élections bloquées et l'incertitude, a pu provoquer une impunité généralisée, tant à la capitale que dans les autres départements du pays, aggravant ainsi la vulnérabilité de la population face à la violence, sous les regards passifs, impuissant, inexpressif des autorités étatiques. L'absence de président élu et de Parlement fonctionnel ont créé un vacuum politique si bien que les gangs armés ont, sans aucune inquiétude, transformé les quartiers populaires en zones de non-droit. Comme le climat politique reste profondément tendu, il va falloir trouver une perspective de solutions afin d'éviter une spirale de violence et de chaos ordonnés.





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