Le président du Comité olympique haïtien (COH) met à nu la situation des fédérations haïtiennes de judo et d'athlétisme. Selon sa version des faits, les autorités des deux entités sportives ne respectent pas les statuts de leurs fédérations. Elles ont, par cette façon d'agir, violé volontairement ces statuts, selon le Dr Hans Larsen.

Tout a commencé par une comparaison de la participation d'Haïti aux Jeux d'Amérique centrale et des Caraïbes 2026 où le pays a gagné cinq médailles : une en or, une en argent et trois en bronze. À ce sujet, l'homme fort du COH a fait les remarques suivantes.

« Il faut remonter le temps pour trouver une performance d'Haïti aux Jeux d'Amérique centrale et des Caraïbes égalant celle de 2026. Le crédit, a-t-il précisé, n'appartient pas au Comité olympique haïtien. Le principal rôle de ce dernier, c'est d'amener des athlètes qualifiés à ces jeux. Il revient aux fédérations la mission de qualification des athlètes selon les principes établis au préalable qui sont : la constitution haïtienne, la charte olympique, les statuts du Comité olympique haïtien. En ce qui concerne les fédérations, le COH suit les règles de la charte olympique, les statuts de la fédération internationale et veille au respect absolu des statuts de la fédération nationale », a fait savoir le Dr Hans Larsen avant d'envoyer une petite pique aux dirigeants du judo et d'athlétisme.

« Il faut que toutes les entités se mettent d'accord pour le bien-être des athlètes et pour ne pas empêcher ces derniers d'aller vers l'avant. Nous n'avons aucun droit de bloquer les athlètes suivant les normes établies », a-t-il continué, tout en rappelant qu'il était en République dominicaine pour travailler et participer aux jeux, et ce, avec plusieurs chapeaux.

Pour le Dr Larsen : « Il n'y a pas de torchon qui brûle entre le COH, le judo et l'athlétisme. Je clarifie les points sans passion, sans hésitation et sans intérêt », a-t-il déclaré avant de mettre au grand jour la situation de l'athlétisme.

« Lors des Jeux de la jeunesse, à Cali, en Colombie, en 2021, c'était un ancien Secrétaire général du COH qui était président de la Fédération haïtienne d'Athlétisme (Alain Jean-Pierre), a-t-il rappelé, sans citer de nom. L'actuel président était trésorier et l'actuel Secrétaire général ne fait que conserver son poste. Il y a des athlètes qui devaient venir, ces derniers avaient demandé 6000 dollars. J'ai été opposé à cette démarche. Dans un appel-conférence, le comité exécutif m'a suggéré de donner de l'argent. On avait décaissé la somme requise, et les athlètes ne s'étaient pas présentés pour participer aux jeux. Il se trouve que l'un d'eux voulait venir, mais l'actuel président et l'actuel Secrétaire général de la fédération de l'athlétisme s'étaient opposés énergiquement et l’avaient même menacé », a laissé entendre le Dr Hans Larsen.

« Après les jeux, en assemblée générale, j'ai présenté le dossier devant l'instance suprême du COH. Les membres de l'assemblée qualifient de grave un tel agissement. J'ai dû faire écouter les enregistrements des deux autorités de l'athlétisme (deux à trois fois) et ils ont pris la décision de radier à vie la Fédération haïtienne d'athlétisme et/ou la suspendre pour neuf ans », a-t-il dit. « Entre-temps, la fédération haïtienne d'athlétisme organise des élections pour élire un nouveau comité exécutif. Il se trouve que trois anciens membres suspendus par l'assemblée générale du COH, se sont présentés à ces joutes électorales et ont été élus comme président, Secrétaire général et trésorier. Par cet acte arbitraire, ils ont giflé en public la plus haute instance sportive de la famille olympique », exprime le Dr Larsen.

« Avant la fin du mandat du comité exécutif élu, il y avait un scandale financier au sein de la Fédération haïtienne d'athlétisme. Les deux premiers membres du comité exécutif actuel de l'athlétisme ont forcé le président d'alors de démissionner sous peine de l'avilir sur le plan international. Ils ont obtenu gain de cause puisque l'ancien président avait donné sa démission. En assemblée générale, ces messieurs qui ont été sous sanctions, ont essayé de s'imposer aux membres des autres fédérations », dénonce le président du COH qui en a profité pour porter d'autres accusations à l'égard des dirigeants de l'athlétisme.

« Ils n'ont pas envoyé d’athlètes aux jeux panaméricains. Vu qu'ils ne pouvaient pas empêcher les athlètes de participer aux Jeux olympiques, l'athlétisme a été représenté. Là-bas, on a eu une réunion via zoom, on l'avait dit, le comité exécutif du COH n'avait pas mis de sanction, c'est l'assemblée générale qui avait sanctionné l'athlétisme. Je leur avais conseillé d’écrire aux fédérations constituant l'assemblée générale pour qu'on ait une réunion en assemblée générale extraordinaire le plus vite que possible. Ils ne l'ont pas fait. Pour les jeux de NACAC, ils ont essayé d'obtenir de l'argent, mais en vain. Il en est de même pour les jeux de Santo Domingo 2026, aucun athlète de l'athlétisme, peut-être sous demande de la fédération, ne s'est présenté. En somme, le COH (qui avait inscrit les athlètes et les invités) n'a pas tort sur la non participation de l'athlétisme aux jeux d'Amérique centrale et des Caraïbes », se défend le Dr Hans Larsen.

Quid de la situation du judo ?

« Le judo était en crise, le COH, à la demande de la fédération internationale du judo, a essayé en vain de résoudre le problème, et ce, bien que l'on ait payé un avocat pour retoucher les statuts de cette fédération. Ces statuts devraient en principe être votés par 50 clubs. Ces derniers, divisés entre-temps sur bien des aspects, ont pris plus de dix mois pour s'y entendre », a raconté le Dr Larsen qui fait aussi allusion aux élections de cette fédération.

« Aux élections, il n'y avait qu'un candidat, M. Widmaïer Chéry, élu à la majorité des votants. Dans les statuts de la fédération du judo, il est écrit noir sur blanc que la mise en place de la sélection nationale se fait par l’organisation du championnat régional et du championnat national, les athlètes champions font partie de l'équipe nationale. À l'issue du premier championnat, deux des champions ont obtenu une bourse olympique au grand dam des dirigeants fédéraux qui avaient boycotté ces deux boursiers olympiques. Ils prétendent aujourd'hui défendre ces deux athlètes », a-t-il déclaré, en accusant le judo de violer ses statuts.

« Depuis plusieurs années, la fédération n'a organisé aucun championnat. En fait, il n'y avait pas de sélection nationale pour cette raison. Entre-temps, le président décide à lui seul, comme il veut et quand il veut, d'envoyer l'athlète (des fois son fils et dans la catégorie junior, la famille Deprez), selon son goût, aux qualifications pour représenter le pays. Par ce fait et geste, il néglige les athlètes évoluant en Haïti. Le président ne respecte pas non plus les statuts du judo. Dans ce cas, le COH ne peut en aucun cas tolérer et/ou accepter un tel agissement, car c'est une violation grave des statuts de la fédération », dit haut et fort le Dr Hans Larsen avant de continuer à tirer à boulets rouges sur le judo.

« Aux jeux internationaux, depuis mon arrivée à la tête du COH, le judo, à l'exception des jeux de 2023, n’a remporté aucune victoire. Par ailleurs, trente-huit clubs sur cinquante ont écrit pour qu'il y ait des élections au sein de la fédération haïtienne du judo. Ils ont organisé, lors des Jeux olympiques 2024, une soi-disant élection contestée par la majorité des clubs. S'ils persistent, ils doivent accepter les conséquences qui marchent avec », a clairement déclaré le patron du COH.

Comment résoudre le problème du judo ?

« Que les dirigeants mettent leurs cahiers au propre, à savoir retoucher les statuts et organiser des élections libres et transparentes sans oublier d'organiser un championnat national afin de constituer une vraie sélection nationale de judo. Une fois fait, les deux meilleurs athlètes pourraient décrocher une bourse continentale, à défaut de bourse olympique », a-t-il affirmé.

En guise de conclusion, le Dr Hans Larsen a dénoncé le fait que le président et le secrétaire général de la fédération haïtienne de judo résident à l'étranger et ne s'occupent pas du bien-être des athlètes vivant en Haïti.