À Lakou Soukri, l’eau de Manbo Inan concentre plusieurs regards. Pour les fidèles, elle est sacrée et guérisseuse. Pour le journaliste de santé, elle soulève des questions sanitaires. Pour Mathieu Painvier, elle raconte aussi la fragilité d’un lieu dont l’eau baisse et dont les terres se morcellent. De ces regards croisés naît une même interrogation : comment protéger ce qui, pour une communauté, est à la fois eau, mémoire, foi et lieu de vie ?

À Lakou Soukri, deux regards se sont croisés au bord du bassin de Manbo Inan. Marc-Kerley Fontal, membre du Réseau haïtien des journalistes de la santé, voit d’abord une eau dans laquelle se baignent des adultes et des enfants. Sa question vient naturellement : « Mais l’eau est sale. Comment peut-on s’y baigner ? »