Haïti traverse un moment où les mots semblent s’être vidés de leur force, circulant sans vraiment nommer le réel ni réparer les fractures du quotidien. L’expression « Viv ansanm », autrefois promesse d’un vivre-ensemble, résonne aujourd’hui de manière troublée, déformée par la violence des gangs et la perte des repères collectifs. Dans ce contexte d’usure du langage et d’effritement de l’imaginaire commun, la figure de René Depestre, à l’occasion de son centenaire, s’impose comme un rappel essentiel : celui d’une parole habitée, capable de rendre aux mots leur densité, leur feu et leur pouvoir de transformation du monde.
Haïti célèbre cette année le centenaire de René Depestre.






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