Le Mouvement de la Société civile haïtienne (MSCH) a rendu public, le 11 septembre 2026, un communiqué de presse dans lequel il appelle à un changement de paradigme dans la gestion de la crise haïtienne. L'organisation y formule cinq propositions destinées à réorienter les mécanismes de transition et de dialogue national, jugés jusqu'ici insuffisamment efficaces. Le président du MSCH, Kensone Délice, était l'invité de l'émission Panel Magik sur Magik 9 ce mardi 15 septembre, où il est revenu sur ces propositions.

Le MSCH dresse un bilan critique des multiples transitions politiques traversées par le pays depuis plusieurs années. Malgré les accords, les négociations et les mécanismes de consensus mis en place, la crise multidimensionnelle qui frappe Haïti continue de s'aggraver. Sur le plan sécuritaire, l'organisation pointe l'expansion des groupes armés, en particulier à Port-au-Prince, ainsi que les difficultés de financement, d'effectifs et de déploiement rencontrées par la Mission multinationale d'appui à la sécurité (MMAS), autorisée par la résolution 2699 du Conseil de sécurité des Nations unies. La nouvelle Force de répression des gangs (FRG) devrait, selon le MSCH, faire l'objet d'une évaluation objective en fonction de ses résultats et de ses contraintes.

Sur le plan institutionnel, le mouvement souligne qu'Haïti reste prisonnière d'une logique de transition permanente, rappelant que le mandat du Conseil présidentiel de transition, installé en 2024, a pris fin le 7 février 2026 sans que la stabilité institutionnelle ait été durablement rétablie. Pour le MSCH, la multiplication des arrangements provisoires ne saurait tenir lieu de politique publique.