Depuis 1999, Duckenson Pierre n'a jamais cessé de peindre, et c'est dans cette continuité rare, faite de patience et d'obstination, que se lit peut-être le mieux la nature profonde de son œuvre. Entre réalisme, surréalisme, expressionnisme et touches abstraites, cet artiste puise dans ses voyages à travers le pays, dans ses souvenirs, mais aussi dans les joies, les blessures et les contradictions d'une société qu'il observe depuis plus de quatre décennies, pour construire une œuvre où la couleur devient à la fois langage, énergie et message.

Né à Port-au-Prince le 5 janvier 1981, Duckenson y a grandi, à Fontamara, un quartier qui constitue l'un de ses premiers repères et qui restera profondément ancré dans sa mémoire. Mais son parcours l'a surtout conduit à parcourir plusieurs régions du pays : Jérémie, Grand'Anse, Petit-Goâve et bien d'autres lieux ont nourri son regard et façonné sa sensibilité. Il revendique d'ailleurs cette expérience comme une forme de connaissance intime d'Haïti. « Mwen eksplore Ayiti », dit-il — j'explore Haïti — et derrière cette phrase se trouve toute une conception de l'artiste comme témoin, celui qui regarde, qui absorbe ce qui l'entoure et qui tente ensuite de le restituer autrement, à travers la toile.