Quatre candidats à la présidence sur 58 ont payé de leur présence au dîner de présentation de la loi Hope/Help organisé par l’Association des industries d’Haïti, à l’hôtel Karibe, le mercredi 15 juillet en cours. Les avantages offerts par cette loi sur le marché des Etats-Unis au secteur de la sous-traitance textile, jusqu’en 2025, ont poussé les industriels haïtiens à donner davantage d’explications sur la nécessité d’intensifier les efforts afin de tirer le maximum de profit de cette législation pour résorber le chômage. Construire de nouvelles installations pour attirer de nouveaux investissements, ajuster le prix du Kilowat/heure au coût similaire à celui des autres pays de la zone, repenser la législation sur le secteur de la sous-traitance sont, pour la plupart, les différentes décisions susceptibles de faire passer le marché du travail dans ce secteur de 36 000 à 200 000 emplois. Selon les informations fournies par la Banque de la République d’Haïti, les exportations haïtiennes rapportent par année près d'un milliard de dollars. Le secteur de la sous-traitance à lui seul représente 90 % de ce montant. Ce qui veut dire que si les autorités constituées et le secteur privé parviennent à conjuguer leurs efforts pour mettre ce secteur en valeur, beaucoup d’emplois pourront être créés dans d’autres départements. Les embarcations de fortune sur les côtes des autres pays de la zone disparaîtront graduellement et le flux d’Haïtiens qui traversent la frontière à la recherche d’un mieux-être pourra également diminuer. C’est à cette présentation sur la loi Hope/Help que seulement quatre candidats à la présidence ont accepté d’assister. Comment interpréter le comportement d’une cinquantaine de candidats à la présidence par rapport à un sujet d’une importance aussi cruciale pour Haïti ? Sommes-nous en présence d’un flot de candidats qui n’accordent aucune importance au secteur de la croissance ? L’exemple des trois présidents qui ont gagné la confiance de la population pendant les cinq dernières élections présidentielles devrait porter les uns et les autres à la plus profonde réflexion. Qu’il s’agisse de Jean-Bertrand Aristide, de René Préval et de Michel Martelly, aucun de ces trois présidents n’avait parlé de production, ni de croissance, ni de création d’emplois lors des différentes campagnes électorales qui les ont portés au pouvoir. Ils n’avaient fait le moindre commentaire sur la production, sur la croissance et sur le développement. Arrivés au pouvoir, ces trois présidents n’avaient aucun programme économique pendant toute la durée de leur gestion. Tenant compte de la situation de pauvreté extrême dans laquelle le pays s’est enlisé depuis plusieurs années, le débat sur la prochaine élection présidentielle devrait être dirigé en grande partie sur les questions économiques et de développement. Comment en 2015 un candidat à la présidence peut-il ignorer les secteurs moteurs de la croissance pour le quinquennat 2016-2021 ? Un candidat à la présidence peut-il ignorer à quel pourcentage l’agriculture contribue au PIB ? En 2015, un candidat à la présidence qui affiche une méconnaissance totale de l’économie, de la production, de la croissance est susceptible de reproduire la misère générée par les gouvernements antérieurs. Lemoine Bonneau lbonneau@lenouvelliste.com