L’annonce impromptue de la rencontre bilatérale, à Barahona, entre le président Michel Martelly et son homologue dominicain Danilo Medina hier mardi, a vite suscité des réactions des deux côtés de la frontière. La presse dominicaine a battu la grosse caisse autour de l’initiative prise par Port-au-Prince de solliciter la rencontre afin de mettre fin au froid qui alimente les relations entre les deux pays depuis plusieurs semaines. A Port-au-Prince, le patronat reste méfiant sur l’organisation de cette rencontre qui n’a pas été portée à la connaissance du secteur des affaires. Depuis l’interdiction d’entrée sur le territoire haïtien de 23 produits dominicains par voie terrestre, en septembre dernier, toutes les forces vives de la République dominicaine ont exprimé leur haine vis-à-vis du pays de Dessalines. L’ambassadeur dominicain accrédité à Port-au-Prince, Ruben Silie Valdès, a été rappelé le 16 septembre dernier par la chancellerie dominicaine pour exprimer le mécontentement de Santo Domingo. Cette rencontre de plus de quatre heures, hier mardi, a permis aux deux pays de parapher un accord en six points concernant, entre autres, le commerce, l’initiative Quisqueya, la déportation des migrants haïtiens en situation irrégulière en territoire dominicain. Il n’est pas étonnant que l’Union européenne ait joué le rôle de facilitateur dans le cadre de ce rapprochement entre les deux gouvernements. L’introduction de l’un des points concernant les projets financés par l’UE, dans le cadre de l’Initiative Quisqueya, est un indice suffisant pour comprendre cette réalité conjoncturelle. La décision prise par Martelly, de revenir à la table des négociations avec Medina sur des questions qui se rapportent aux intérêts des deux pays, ne constitue pas une note négative. Cependant, pourquoi Michel Martelly a-t-il accepté de se rendre en République dominicaine pour relancer les pourparlers ? En agissant ainsi, Michel Martelly vient de prouver à la fin de son mandat qu’il est un fantaisiste. Il a permis à la presse dominicaine de renseigner les médias haïtiens sur l’organisation de cette rencontre qu’il tenait sous le sceau du secret. Dans un sens comme dans l’autre, tous les regards seront dirigés sur l’accord douanier qui doit être paraphé en Haïti à l’occasion de la visite de réciprocité du président Danilo Medina dans notre pays.