D’où vient ce bruit de racailles qui m’empêche de dormir malgré la grande distance qui me sépare de la terre natale? Je pensais avoir le droit de sombrer dans le sommeil sans être interrompu! Pourtant, le film de l’actualité de ce petit grand peuple de la Caraïbe, qui encore se cherche après plus de 200 ans d’indépendance, défile dans ce qui me reste de matière grise. On va peut-être dire que je suis nostalgique. Mais, comment ne pas l’être quand on est le témoin de cette bêtise inouïe dont le peuple haïtien est l’objet? Le 7 février 1986, on a vu le départ du dictateur Jean-Claude Duvalier et certains de ses sbires. Nombreux étaient les patriotes qui croyaient voir un pays nouveau, une Haïti nouvelle où il faisait bon vivre « démocratiquement ». J’ai entendu dire souvent à travers les médias que 7 février a libéré la parole chez nous. Il n’y a pas de doute que la parole a été libérée, mais une libération de la parole sans modèle de société, sans éducation, sans vrai leadership est vaine. Quand tout le monde se met à parler tous ensemble, la communication devient cacophonique. En plein XXIe siècle, pendant que certains pays se mettent au pas avec des technologies de pointe en ce qui a trait à l’administration des choses de l’État, comme par exemple l’organisation des joutes électorales, Haïti se trouve toujours à l'arrière-plan. Il nous faut deux semaines pour donner des résultats d’une élection présidentielle et davantage de jours pour les législatives. Cela donne du temps aux racailles en faveur du parti au pouvoir de tricher, ou des racailles de l’opposition de contester sans ou avec des preuves palpables. Pourtant, avec des moyens technologiques, on pourrait avoir les résultats le même jour. Ce qui aurait facilité la tâche au Conseil électoral provisoire dans la mesure où ses membres avaient de bonnes intentions. C’est comme un leitmotive. L’élection du deuxième mandat de René Préval au pouvoir en 2006 a été réalisée avec certains individus de la masse qui se baignaient dans les piscines de l’hôtel Montana et avec cette fameuse phrase de feu Leslie Manigat “Le peuple retourne à son vomi”. L’avènement au pouvoir du président Martelly était possible grâce eu recompte des urnes par l’OEA et, de surcroît, avec les manifestations menaçantes des fans de Michel Martelly dans la ville des Cayes et la régions métropolitaine de Port-au-Prince. Alors, devons-nous attendre que l’OEA s’immisce encore une fois dans nos affaires intérieures? Ou, suivre Richard Brisson: “Mange ton pain. Allume le feu pour faire cuire ta soupe pendant qu’elle est encore soupe. Car, le grand chambardement est peut-être pour cette nuit…”? En tout cas, je pense qu’il est grand temps que la vraie élite intellectuelle du pays s’unisse avec toutes les couches de la société haïtienne en vue de mettre le pays sur les rails democratiques, économiques, et sociaux. Nous ne sommes pas des racailles sans vergogne comme on veut nous le faire croire. À l’étranger, nous respectons les normes établies. Nous évoluons comme des leaders dans plusieurs disciplines à travers le monde. On n'a qu’à citer à titre d’exemple: Michaelle Jean et bien d’autres.