Après la publication, par le Conseil électoral contesté et désapprouvé des résultats définitifs de l'élection présidentielle à grand renfort de fraudes du 25 octobre 2015, un constat s'impose. La démocratie reste balbutiante et chancelante en Haïti. Depuis 1987, date à laquelle les Haïtiens ont fait choix d'un régime politique démocratique, la tenue d'élections irrégulières et controversées semble être la seule stratégie des politiciens non démocrates et non patriotes pour accéder, dans une illusion démocratique, à la gestion des affaires de l'État. Malgré les nombreux cas de fraudes, les conseillers électoraux, dans un élan d'obsession et de fantasme, s'enlisent dans une dynamique qui consiste à réaliser, à tout prix, le deuxième tour de l'élection présidentielle, le 27 décembre 2015. Jovenel Moïse, le nègre de la Nanane, et Jude Célestin, le nègre de l'Abeille, deux (2) des favoris de tous les sondages nationaux et internationaux qui ont eu lieu avant le 25 octobre 2015, devraient s'affronter dans un contexte des plus particuliers et des plus scabreux. Jude Célestin, candidat malheureux en 2010, se trouve, selon plus d'un, dans un dilemme, lequel se traduit par sa présence dans le groupe des (8) huit candidats à la présidence qui, depuis la publication des résultats partiels des élections du 25 octobre 2015, exigent la mise en place d'une commission de vérification à laquelle des tâches bien spécifiques devraient être confiées. Cependant, avec la publication des résultats définitifs, des voix s'élèvent pour dissuader le nègre de l'Abeille de prendre part aux élections du 27 décembre 2015, car la machine électorale est déjà programmée et que, machiavéliquement, Jovenel Moïse remportera lesdites élections. Nous autres, nous pensons le contraire. Nous ne croyons pas que Jude Célestin se trouve entre l'enclume de la machine électorale déjà programmée et le marteau du groupe des 7 anciens candidats. C'est un discours qui touche à l'étroitesse et qui vise à fabriquer des perceptions au profit de Monsieur Moïse. Il doit éviter de penser que sa participation ne fera que légitimer l'élection de Jovenel Moïse. L'homme du moment s'appelle Jude Célestin. Il doit faire montre d'un leadership éclairé et d'une transcendance inouïe pour convaincre les sept (7) candidats à le rejoindre pour la prise du pouvoir. Monsieur Célestin doit comprendre qu'il doit d'avance négocier le pouvoir avec ses candidats qui devront l'accompagner dans ses différents rassemblements à travers le pays. Jude n'a d'autre choix que de les convaincre et de négocier avec eux, tout en s'assurant de la sauvegarde des intérêts supérieurs de la nation. Dans cet élan d'unité, Jude Célestin ne doit pas faire l'économie de discours. Il doit cesser de se présenter sous la tunique du candidat victime de 2010. Jude Célestin doit parler. Il doit dire ce qu'il pense sur tous les sujets d'intérêt public. Il doit convaincre l'électorat à travers un discours clair, une vision bien définie, et un programme novateur. Nous pensons que Monsieur Célestin doit convaincre ses pairs à utiliser leurs énergies pour la campagne présidentielle et non pour des manifestations de rue dont les objectifs ne sont pas bien définis dans un cadre stratégique intelligent. Si le politicien c'est celui qui sait déplacer les pions quand la conjoncture le lui demande, le nègre de l'Abeille doit comprendre qu'il ne se trouve pas entre l'enclume et le marteau. Il doit profiter de cette conjoncture pour prouver son grand leadership pour convaincre les 7 candidats et négocier le pouvoir avec eux. Il doit atterrir dans son parler. Il doit toucher la sensibilité des masses populaires et paysannes et toutes les catégories socioprofessionnelles. C'est à cette condition qu'il gagnera les élections du 27 décembre 2015, et il ne doit pas commettre l'erreur monumentale de ne pas participer. Dit autrement, si Jude Célestin n'use pas de son leadership pour convaincre ses pairs et négocier le pouvoir avec eux, s'il n'est pas clair dans son discours, dans sa vision et dans son programme, Moïse Jovenel remportera les élections et la communauté internationale, un acteur majeur dans la détermination des choses politiques en Haïti, s'empressera de le féliciter pour sa victoire et dira que la démocratie s'est donc renforcée en Haïti.